L'annuaire des entreprises industrielles françaises

Explorez le tissu industriel français secteur par secteur et département par département : des données publiques, des fiches détaillées et une carte de chaque entreprise.

L'industrie est le socle silencieux de l'économie française : elle transforme des matières premières en biens concrets, structure des territoires entiers, soutient la recherche et fait vivre des millions de familles. Derrière chaque véhicule, chaque médicament, chaque emballage alimentaire ou chaque pièce métallique se cache une entreprise industrielle. Cet annuaire recense ces entreprises, secteur par secteur et département par département ; cette page, elle, prend de la hauteur pour expliquer ce qu'est réellement l'industrie française aujourd'hui, comment elle se répartit, quels sont ses grands défis et pourquoi il est utile de la cartographier.

0secteurs d'activité industriels (divisions NAF B à E)
~0 kentreprises industrielles actives en France
~0 Memplois portés par l'industrie manufacturière
~0 %de la valeur ajoutée nationale (ordre de grandeur)

Ordres de grandeur indicatifs, à recouper avec les publications de l'INSEE ; ils varient selon le périmètre retenu (industrie manufacturière stricte ou industrie au sens large, incluant énergie, eau et déchets).

Explorer l'industrie par secteur

Chaque entreprise est rattachée à une branche de la nomenclature NAF. Parcourez les grandes filières et accédez directement aux entreprises de chaque secteur.

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1 Qu'est-ce qu'une entreprise industrielle ?

Une entreprise industrielle est une entreprise dont l'activité principale consiste à transformer des matières ou des composants en produits finis ou semi-finis, généralement en série et à l'aide d'un outil de production (machines, lignes d'assemblage, ateliers). Cette définition, intuitive, recouvre en réalité une immense diversité : depuis l'atelier de chaudronnerie de quelques salariés jusqu'à l'usine automobile employant des milliers de personnes, en passant par la fromagerie, la fonderie, l'imprimerie ou le laboratoire pharmaceutique.

En statistique publique, on ne se fie pas à une intuition mais à une nomenclature. En France, chaque entreprise se voit attribuer un code d'activité principale (le code APE, ou code NAF) qui la range dans une branche précise. La nomenclature d'activités française (NAF) organise l'économie en sections désignées par une lettre. Quatre d'entre elles composent le champ de l'industrie : la section B (industries extractives), la section C (industrie manufacturière), la section D (production et distribution d'électricité et de gaz) et la section E (eau, assainissement, gestion des déchets et dépollution). Chaque section se subdivise en divisions à deux chiffres, elles-mêmes découpées en groupes et classes de plus en plus fins.

Le cœur manufacturier : la section C

La section C, l'industrie manufacturière, forme le cœur historique et symbolique de l'industrie. Elle regroupe à elle seule vingt-quatre divisions, numérotées de 10 à 33, qui vont des industries alimentaires à la réparation et installation de machines, en passant par le textile, le bois, le papier, la chimie, la pharmacie, la plasturgie, la métallurgie, la fabrication de produits métalliques, l'électronique, les équipements électriques, les machines, l'automobile, les autres matériels de transport et l'ameublement. C'est dans cette section que se concentrent la majorité des entreprises industrielles et la plus grande part de l'emploi industriel.

Autour de ce cœur manufacturier gravitent les industries extractives (extraction de minerais, de matériaux de carrière, d'hydrocarbures), aujourd'hui très réduites en France mais toujours présentes, ainsi que les activités d'énergie, d'eau et de gestion des déchets, souvent oubliées quand on parle d'industrie mais essentielles à son fonctionnement et de plus en plus stratégiques à l'heure de la transition écologique.

À retenir : quand cet annuaire parle d'« entreprise industrielle », il s'appuie sur ce périmètre officiel (sections NAF B, C, D et E). Chaque fiche indique le code NAF de l'entreprise, ce qui permet de la situer précisément dans cette architecture, de la comparer à ses pairs et de la retrouver via le secteur correspondant.

2 Le poids de l'industrie dans l'économie

On entend souvent que la France se serait « désindustrialisée ». Le constat mérite d'être nuancé. Il est vrai que la part de l'industrie dans l'emploi et dans la valeur ajoutée a nettement reculé depuis les années 1970, sous l'effet conjugué de la tertiarisation de l'économie, des gains de productivité, de l'externalisation de nombreuses fonctions (nettoyage, logistique, maintenance, informatique) désormais comptabilisées dans les services, et de la concurrence internationale. Mais l'industrie demeure un pilier : elle représente de l'ordre de treize pour cent de la valeur ajoutée nationale et concentre une part très majoritaire de l'effort privé de recherche et développement, ainsi que l'essentiel des exportations de biens.

L'industrie exerce par ailleurs un puissant effet d'entraînement : un emploi industriel soutient plusieurs emplois indirects et induits dans les services aux entreprises, le transport, l'ingénierie ou la maintenance. C'est pourquoi les politiques publiques accordent une attention particulière à la vitalité du tissu industriel, notamment dans les territoires où une usine constitue souvent le premier employeur privé.

L'industrie dans l'économie française
Poids relatif, ordres de grandeur indicatifs (base 100 = ensemble de l'économie)
Valeur ajoutée
0
Emploi salarié
0 %
Dépense de R&D des entreprises
0 %
Exportations de biens
0 %

Lecture : l'industrie pèse environ 13 % de la valeur ajoutée mais concentre l'essentiel de la R&D privée et des exportations de biens. Valeurs illustratives — source de référence : INSEE.

Cette apparente contradiction (un poids modéré dans le PIB, une contribution décisive à l'innovation et au commerce extérieur) résume bien la place particulière de l'industrie : ce n'est pas le secteur qui emploie le plus de monde, mais c'est celui qui tire la compétitivité, la balance commerciale et la souveraineté technologique du pays.

3 La cartographie sectorielle

L'industrie française n'est pas un bloc homogène : c'est une mosaïque de filières aux logiques très différentes. Certaines, comme les industries alimentaires, comptent un très grand nombre d'établissements répartis sur tout le territoire, au plus près des bassins agricoles et des consommateurs. D'autres, comme l'industrie automobile ou l'aéronautique, sont bien plus concentrées, autour de quelques grands donneurs d'ordre et de leurs réseaux de sous-traitants. Comprendre cette cartographie, c'est comprendre où et comment se crée la valeur industrielle.

Les industries alimentaires constituent, en nombre d'entreprises, l'un des tout premiers secteurs manufacturiers français. Boulangeries industrielles, laiteries, abattoirs, conserveries, chocolateries, brasseries : la transformation des productions agricoles irrigue chaque région et fait de l'agroalimentaire un pilier tant économique que culturel. Viennent ensuite, selon les critères retenus, la fabrication de produits métalliques (chaudronnerie, découpe, traitement de surface, mécano-soudure), la réparation et l'installation de machines, la fabrication de machines et d'équipements, ou encore le travail du bois et l'imprimerie, tous très présents dans le tissu des petites et moyennes entreprises.

Grands secteurs manufacturiers par nombre d'entreprises
Poids relatif indicatif au sein de l'industrie manufacturière (le secteur le plus dense = 100)
Industries alimentaires
0
Produits métalliques
0
Réparation / installation de machines
0
Travail du bois & ameublement
0
Imprimerie & reproduction
0
Machines & équipements
0
Textile, habillement, cuir
0
Chimie & pharmacie
0

Poids relatifs illustratifs, à titre pédagogique — la hiérarchie exacte dépend du millésime et du champ retenu. Source de référence : répertoire SIRENE, INSEE.

À l'inverse, des secteurs à très forte intensité capitalistique comme la métallurgie, la chimie de base, le raffinage ou l'industrie automobile comptent proportionnellement peu d'entreprises, mais des établissements de grande taille et à très forte valeur ajoutée par salarié. Un même mot, « industrie », recouvre donc deux réalités complémentaires : une multitude de PME et de TPE ancrées localement, et un plus petit nombre d'unités lourdes structurant des filières stratégiques.

4 Une géographie très marquée

L'industrie a façonné la carte de France autant qu'elle en a été façonnée. Certaines régions portent dans leur nom même leur héritage industriel : le bassin minier des Hauts-de-France, la vallée de la chimie dans la région lyonnaise, la mécanique et l'horlogerie de Franche-Comté, la sidérurgie lorraine, l'aéronautique toulousaine, la plasturgie de la vallée de l'Arve. Cette géographie n'est pas le fruit du hasard : elle épouse la présence de matières premières, de sources d'énergie, de voies navigables, de ports, de main-d'œuvre qualifiée et, souvent, d'un donneur d'ordre historique autour duquel s'est constitué un écosystème.

Poids industriel indicatif par grande région
Intensité industrielle relative (région la plus industrielle = 100) — repère pédagogique
Auvergne-Rhône-Alpes
0
Grand Est
0
Hauts-de-France
0
Île-de-France
0
Pays de la Loire
0
Occitanie
0
Nouvelle-Aquitaine
0

Intensités relatives illustratives ; elles dépendent de l'indicateur choisi (emploi, nombre d'établissements, valeur ajoutée). Source de référence : INSEE.

Cette dimension territoriale est au cœur de la logique de cet annuaire. Chercher une entreprise industrielle, ce n'est pas seulement chercher un métier : c'est très souvent chercher un métier dans un territoire donné, pour identifier un fournisseur de proximité, un sous-traitant, un partenaire ou un employeur. C'est pourquoi chaque fiche est reliée à son département, et chaque département dispose de sa propre page, afin de reconstituer, entreprise après entreprise, la trame industrielle locale.

5 La taille des entreprises : un tissu de PME

Le grand public associe spontanément l'industrie aux grandes usines et aux marques célèbres. La réalité statistique est tout autre : l'écrasante majorité des entreprises industrielles sont des très petites entreprises (TPE) et des petites et moyennes entreprises (PME). Les grandes entreprises, très visibles, sont numériquement rares, même si elles concentrent une part importante de l'emploi et du chiffre d'affaires.

  • TPE (moins de 10 salariés) 0 %
  • Petites entreprises (10 à 49) 0 %
  • Moyennes (50 à 249) 0 %
  • ETI & grandes (250 et +) 0 %

Répartition illustrative des entreprises industrielles par tranche d'effectif. Les grandes entreprises sont peu nombreuses mais pèsent lourd en emploi. Source de référence : INSEE, base SIRENE.

Cette structure a des conséquences directes. D'un côté, un tissu dense de PME confère à l'industrie française une agilité et un ancrage territorial précieux : ce sont ces entreprises qui savent produire de petites séries, répondre à des cahiers des charges exigeants et maintenir des savoir-faire rares. De l'autre, ces mêmes PME sont plus vulnérables aux aléas de conjoncture, aux difficultés de recrutement et d'accès au financement, et à la transmission : chaque année, de nombreux dirigeants partant à la retraite cherchent un repreneur pour leur atelier. Rendre ces entreprises visibles, c'est aussi contribuer à leur pérennité.

C'est précisément l'ambition d'un annuaire industriel : donner une existence numérique à des milliers d'entreprises qui, sans cela, resteraient invisibles en ligne, faute de site web ou de référencement. Une TPE de mécanique de précision peut être un maillon indispensable d'une chaîne de valeur sans apparaître nulle part sur internet ; la recenser, la décrire et la relier à son secteur et à son territoire, c'est lui donner une chance d'être trouvée.

6 Les grandes filières, une par une

Pour saisir la richesse de l'industrie française, rien ne vaut un parcours des principales filières. Chacune possède sa culture technique, ses contraintes réglementaires, ses cycles économiques et sa géographie. Voici un tour d'horizon des grandes branches que vous retrouverez, en détail, dans les pages secteur de l'annuaire.

Agroalimentaire : transformer ce que la terre produit

Premier secteur manufacturier par le nombre d'établissements et par l'emploi, l'agroalimentaire transforme les productions agricoles en denrées consommables. Il couvre un spectre immense : abattage et transformation de la viande, industrie laitière, transformation des fruits et légumes, travail du grain et boulangerie-pâtisserie industrielle, sucre, chocolat, plats préparés, aliments pour animaux, et fabrication de boissons (eaux, jus, vins, bières, spiritueux). C'est un secteur d'ancrage territorial par excellence, souvent implanté au plus près des zones de production, et un formidable ambassadeur du savoir-faire français à l'export. Ses enjeux : la sécurité sanitaire, la traçabilité, la réduction du gaspillage et de l'empreinte carbone, et l'adaptation à une demande de plus en plus attentive à l'origine et à la composition des produits.

Métallurgie et produits métalliques : la colonne vertébrale

Si l'agroalimentaire nourrit, la métallurgie et la transformation des métaux structurent. La métallurgie proprement dite (sidérurgie, production d'aluminium, de cuivre, fonderie) fournit la matière première ; la fabrication de produits métalliques (chaudronnerie, découpe laser, emboutissage, usinage, traitement de surface, mécano-soudure, visserie, structures) la met en forme pour l'ensemble des autres industries. Ce sont des métiers exigeants, où la précision se compte parfois au centième de millimètre, et où le savoir-faire de l'opérateur reste irremplaçable malgré l'automatisation. Très présentes dans le tissu des PME, ces entreprises sont les sous-traitants indispensables de l'automobile, de l'aéronautique, du ferroviaire, du bâtiment et de l'énergie.

Chimie et pharmacie : la science au service de la matière

La chimie transforme des molécules en produits de base (chimie minérale et organique), en spécialités (peintures, colles, cosmétiques, produits d'entretien) et en matières plastiques. À sa suite, la plasturgie et la fabrication de produits en caoutchouc alimentent l'automobile, l'emballage, le bâtiment et le médical. La pharmacie, enfin, développe et produit les médicaments et principes actifs : c'est une industrie à très forte intensité de recherche, hautement réglementée, dont la crise sanitaire a rappelé le caractère stratégique. Ces filières combinent grands sites industriels et laboratoires de pointe, et concentrent une part majeure de l'effort de recherche privé.

Automobile, aéronautique et matériels de transport

L'industrie automobile française, longtemps emblématique, reste un pôle majeur d'assemblage de véhicules et de fabrication d'équipements, aujourd'hui en pleine mutation vers l'électrification. À ses côtés, la fabrication d'autres matériels de transport (aéronautique, ferroviaire, naval, cycles) rassemble certains des fleurons technologiques du pays, structurés autour de grands donneurs d'ordre et de chaînes de sous-traitance profondes, du rang 1 aux petits ateliers spécialisés. Ces filières illustrent parfaitement l'effet d'entraînement de l'industrie : derrière un avionneur ou un constructeur, ce sont des milliers de PME qui vivent.

Machines, équipements électriques et électronique

Cette famille regroupe la fabrication des biens d'équipement dont les autres industries ont besoin pour produire : machines-outils, matériel de manutention, équipements agricoles, robots, mais aussi moteurs, générateurs, batteries, câblage, appareillage électrique, composants électroniques, cartes, instruments de mesure et d'optique. C'est le domaine de l'ingénierie fine, de la mécatronique et, de plus en plus, du logiciel embarqué. Sa vitalité conditionne la capacité du pays à moderniser son propre appareil productif.

Bois, papier, textile et autres savoir-faire

Autour de ces grandes filières gravitent des secteurs plus discrets mais essentiels : le travail du bois (charpente, menuiserie industrielle, emballage, ameublement), l'industrie du papier et du carton (avec de forts enjeux de recyclage), l'imprimerie, le textile et l'habillement, le cuir et la chaussure, souvent repositionnés sur le haut de gamme et les usages techniques, ainsi que la fabrication de verre, de céramique et de matériaux de construction. Beaucoup de ces entreprises perpétuent des savoir-faire anciens tout en investissant dans des procédés modernes.

Chacune de ces filières correspond à une ou plusieurs divisions NAF, et donc à une page secteur de l'annuaire. Vous pouvez ainsi passer de cette vue d'ensemble à la liste concrète des entreprises d'un métier donné, dans toute la France ou dans un département précis.

7 Emploi, compétences et attractivité

Derrière les machines, il y a des femmes et des hommes. L'industrie manufacturière fait vivre de l'ordre de deux à trois millions d'emplois directs, auxquels s'ajoutent d'innombrables emplois indirects. Ces métiers sont d'une grande diversité : opérateurs et régleurs sur machines, techniciens de maintenance, soudeurs, usineurs, chaudronniers, conducteurs de ligne, qualiticiens, méthodes, ingénieurs de production, responsables d'atelier, sans oublier les fonctions support (achats, logistique, commerce, R&D).

Le paradoxe de l'industrie contemporaine est réel : alors même que certains territoires connaissent le chômage, de nombreuses entreprises industrielles peinent à recruter. Les métiers en tension se comptent par dizaines, notamment dans la métallurgie, la maintenance, l'usinage et la soudure. Les causes sont connues : une image parfois datée de l'usine, une méconnaissance des métiers réels, un décalage entre les formations et les besoins, et la concurrence d'autres secteurs. Or les conditions ont profondément changé : ateliers propres et sécurisés, machines pilotées par ordinateur, montée en compétences continue, perspectives d'évolution.

Ce que recherchent les entreprises industrielles
Importance relative des enjeux ressources humaines (repère indicatif)
Recrutement de profils techniques0%
Maintien des savoir-faire & transmission0%
Formation continue & montée en compétences0%
Attractivité & image de marque employeur0%

Repères qualitatifs illustratifs des priorités RH exprimées par les industriels.

Pour une entreprise, être visible et bien décrite en ligne, c'est aussi un levier d'attractivité : un candidat, un apprenti, un partenaire commencent souvent par une recherche sur internet. Une fiche claire, reliée à un secteur et à un territoire, participe de cette visibilité et, indirectement, de la capacité à recruter.

8 L'industrie 4.0 : le numérique dans l'atelier

La quatrième révolution industrielle ne se joue pas seulement dans les grands groupes. Progressivement, le numérique entre dans les ateliers de toutes tailles : capteurs connectés qui remontent l'état des machines, supervision en temps réel de la production, maintenance prédictive, jumeaux numériques, fabrication additive (impression 3D), cobots qui assistent les opérateurs sur les tâches pénibles, et exploitation des données pour améliorer la qualité et réduire les rebuts. On parle d'industrie 4.0, d'usine du futur ou d'industrie connectée.

Ces technologies ne remplacent pas l'humain : elles le déchargent des tâches répétitives ou dangereuses et lui confient un rôle de pilotage, de contrôle et d'amélioration continue. Elles permettent aussi de produire de plus petites séries de manière rentable, ce qui favorise la relocalisation et la personnalisation. Pour les PME, l'enjeu est d'avancer par étapes : numériser d'abord ce qui apporte un gain rapide (suivi de production, gestion de la maintenance), avant d'aller vers des projets plus ambitieux.

Données & supervision

Collecter et visualiser en temps réel l'état des machines et de la production pour décider vite et bien.

Maintenance prédictive

Anticiper les pannes grâce aux capteurs et aux données, plutôt que de subir l'arrêt.

Robotique & cobotique

Automatiser les tâches pénibles, sécuriser les postes et gagner en régularité.

Fabrication additive

Prototyper et produire des pièces complexes en petites séries, au plus près du besoin.

9 Décarbonation et transition écologique

L'industrie est à la fois une part du problème climatique et une part essentielle de la solution. Part du problème, parce que la production de matières comme l'acier, le ciment, le verre, l'aluminium ou les produits chimiques est intrinsèquement consommatrice d'énergie et émettrice de gaz à effet de serre. Part de la solution, parce que ce sont les industriels qui fabriquent les éoliennes, les panneaux solaires, les pompes à chaleur, les batteries, les trains, les isolants et les matériaux bas carbone dont la transition a besoin. Décarboner l'industrie n'est donc pas la sacrifier : c'est la transformer.

Cette transformation passe par plusieurs leviers complémentaires. Le premier est l'efficacité énergétique : récupérer la chaleur fatale des procédés, moderniser les fours et les moteurs, mieux isoler, piloter finement les consommations. Le deuxième est l'électrification et le recours à des énergies décarbonées pour remplacer les combustibles fossiles là où c'est possible. Le troisième est le changement de procédés eux-mêmes : hydrogène décarboné pour la réduction du minerai de fer, nouveaux liants pour le ciment, chimie biosourcée. Le quatrième, transversal, est l'économie circulaire : recycler, réemployer, éco-concevoir les produits pour qu'ils durent, se réparent et se recyclent.

Pour une PME, la transition écologique n'est pas qu'une contrainte réglementaire : c'est de plus en plus une condition d'accès aux marchés. Les grands donneurs d'ordre exigent de leurs fournisseurs une empreinte carbone maîtrisée ; les appels d'offres publics intègrent des critères environnementaux ; les clients finaux se montrent attentifs. Les entreprises qui anticipent en font un avantage compétitif, tandis que celles qui attendent risquent de se voir progressivement écartées.

Leviers de décarbonation de l'industrie
Potentiel relatif de réduction selon le levier (repère pédagogique)
Efficacité énergétique & chaleur fatale0%
Électrification des procédés0%
Économie circulaire & recyclage0%
Procédés de rupture (hydrogène, biosourcé)0%

Potentiels illustratifs, variables selon les secteurs ; certains leviers relèvent du court terme, d'autres de la rupture technologique.

La gestion de l'eau, des déchets et de la dépollution (les sections D et E de la nomenclature) prend, dans ce contexte, une importance nouvelle. Longtemps considérées comme de simples services, ces activités deviennent des maillons stratégiques de l'économie circulaire : traiter et réutiliser l'eau, valoriser les déchets en nouvelles matières premières, dépolluer les sites pour les rendre à l'activité. Elles font pleinement partie de l'industrie de demain.

10 Réindustrialisation et souveraineté

Les crises récentes ont provoqué une prise de conscience collective. La dépendance à des chaînes d'approvisionnement mondialisées et tendues a montré ses limites : pénuries de composants électroniques, de médicaments, de matières premières ; allongement et fragilité des circuits logistiques ; vulnérabilité stratégique dans des domaines sensibles. De ce constat est née une ambition partagée : réindustrialiser le pays, c'est-à-dire reconstituer sur le territoire des capacités de production dans les secteurs jugés essentiels, et enrayer l'érosion du tissu industriel.

La réindustrialisation ne consiste pas à recréer à l'identique les usines d'hier. Elle vise des unités modernes, souvent plus petites, plus automatisées, moins émettrices, positionnées sur des produits à forte valeur ajoutée ou stratégiques : santé, électronique, énergie, agroalimentaire de qualité, matériaux avancés. Elle s'appuie sur des politiques publiques de soutien à l'investissement, sur la simplification de l'implantation de sites, sur la formation aux métiers techniques et sur la mobilisation de l'épargne vers l'industrie.

Le mot clé de cette dynamique est souveraineté : la capacité, pour un pays, à maîtriser les productions dont dépendent sa santé, sa sécurité, son énergie et son alimentation. Cette souveraineté n'est pas l'autarcie : il s'agit de réduire les dépendances critiques, de diversifier les fournisseurs, de rapprocher certaines productions et de sécuriser les compétences, tout en restant ouvert aux échanges. Dans cette bataille, chaque entreprise compte, y compris la plus modeste : c'est la densité et la diversité du tissu qui font la résilience de l'ensemble.

Un annuaire exhaustif participe, à sa mesure, à cet effort. Identifier les entreprises capables de produire tel composant, tel traitement, telle pièce, dans tel territoire, c'est un préalable concret à la relocalisation, à la sécurisation des approvisionnements et à la construction de filières locales. Là où un donneur d'ordre cherchait autrefois un fournisseur à l'autre bout du monde, il peut découvrir qu'un atelier compétent existe à quelques kilomètres.

11 Sous-traitance et chaînes de valeur

Aucune usine ne produit seule. Derrière chaque produit fini se déploie une chaîne de valeur : une succession d'entreprises qui, chacune, apporte une transformation, un composant, un service. Comprendre cette organisation est essentiel pour naviguer dans le monde industriel. Au sommet se trouvent les donneurs d'ordre (constructeurs, ensembliers, grandes marques) qui conçoivent et commercialisent le produit final. En dessous s'étagent des rangs de sous-traitants : les fournisseurs de rang 1 livrent des sous-ensembles complets ; ceux de rang 2 leur fournissent des pièces ; et ainsi de suite jusqu'aux ateliers spécialisés qui réalisent une opération précise (un traitement de surface, un usinage, une découpe).

On distingue classiquement la sous-traitance de capacité, lorsqu'un donneur d'ordre confie une production qu'il pourrait faire lui-même mais qu'il externalise pour absorber une surcharge, et la sous-traitance de spécialité, lorsqu'il fait appel à un savoir-faire qu'il ne possède pas. La seconde est la plus précieuse et la plus protectrice : une entreprise détentrice d'un savoir-faire rare, difficile à répliquer, occupe une position solide dans la chaîne de valeur.

Cette organisation en réseau explique la vulnérabilité mais aussi la force de l'industrie. Vulnérabilité, car la défaillance d'un seul maillon (un fournisseur unique d'un composant critique) peut paralyser toute une filière. Force, car un écosystème dense de sous-traitants compétents et proches confère aux donneurs d'ordre réactivité, qualité et capacité d'innovation. C'est précisément la logique de proximité que cet annuaire cherche à rendre lisible : relier les entreprises entre elles, secteur par secteur et territoire par territoire, pour que chacun puisse identifier des partenaires potentiels.

Pour un acheteur industriel, un bureau d'études ou un donneur d'ordre, disposer d'une cartographie fiable des fournisseurs par métier et par bassin est un outil de travail. C'est aussi un facteur de résilience : connaître des alternatives locales, c'est pouvoir réagir vite en cas de rupture.

12 Normes, qualité et certification

L'industrie est le royaume de la norme. Produire en série des objets sûrs, interchangeables et conformes suppose un cadre exigeant de règles, de contrôles et de preuves. Les systèmes de management de la qualité, les référentiels sectoriels (automobile, aéronautique, agroalimentaire, dispositifs médicaux), le marquage de conformité des produits, la métrologie et la traçabilité forment un socle invisible mais déterminant. Une entreprise industrielle, c'est aussi un ensemble de procédures documentées, d'audits et de certifications qui rassurent les clients et ouvrent l'accès aux marchés les plus exigeants.

Ces exigences ont un coût, mais elles constituent aussi une barrière protectrice et un gage de sérieux. Une PME certifiée sur un référentiel aéronautique ou médical, par exemple, a franchi un seuil de rigueur qui la distingue et la rend éligible à des marchés à forte valeur. La qualité n'est pas un supplément d'âme : c'est un langage commun qui permet à des entreprises qui ne se connaissent pas de travailler ensemble en confiance.

La sécurité, enfin, imprègne toute l'activité industrielle : sécurité des personnes au travail, sécurité des installations, sécurité environnementale des sites classés. Loin de l'image d'un monde brutal, l'usine moderne est un environnement très encadré, où la prévention des risques est une culture quotidienne. Là encore, ces réalités souvent méconnues gagnent à être mises en lumière, car elles disent la réalité d'un secteur professionnel, structuré et responsable.

13 Financer et investir dans l'industrie

Produire coûte cher avant de rapporter. Une entreprise industrielle doit financer ses machines, ses bâtiments, ses stocks de matières, son besoin en fonds de roulement, sa recherche et sa mise aux normes. Ces besoins en capital, plus lourds que dans la plupart des activités de services, expliquent une partie des difficultés du secteur : une PME industrielle immobilise des sommes importantes dans son outil de production, avec des cycles longs et une rentabilité parfois modeste au regard des capitaux engagés.

Le financement de l'industrie mobilise donc une palette d'acteurs et d'outils : crédit bancaire classique pour l'équipement, crédit-bail et location de machines, fonds propres apportés par les dirigeants ou par des investisseurs, aides publiques à l'investissement et à l'innovation, dispositifs de soutien à la transition écologique et numérique. La question de la transmission se pose avec une acuité particulière : de nombreux ateliers, fondés il y a plusieurs décennies, doivent trouver un repreneur capable non seulement d'apporter des capitaux mais aussi de préserver le savoir-faire et l'emploi local.

Pour un investisseur, un repreneur ou un partenaire financier, la connaissance fine du tissu industriel est un préalable. Savoir quelles entreprises exercent tel métier, dans tel bassin, avec quel positionnement, c'est déjà commencer à identifier des cibles, des opportunités et des complémentarités. Un annuaire structuré par secteur et par territoire constitue, de ce point de vue, une porte d'entrée utile pour qui cherche à comprendre un marché avant d'y investir.

14 Deux siècles d'industrie française

L'industrie française d'aujourd'hui est l'héritière d'une longue histoire, faite de révolutions techniques, de mutations sociales et de réinventions successives. Retracer ses grandes étapes aide à comprendre la géographie, les savoir-faire et les défis actuels.

Fin du XVIIIᵉ – début du XIXᵉ siècle

La première révolution industrielle arrive en France avec la machine à vapeur, le charbon et le textile mécanisé. Des bassins se structurent autour des ressources : houille du Nord et de la Lorraine, industrie textile dans les vallées.

Seconde moitié du XIXᵉ siècle

Le chemin de fer, la sidérurgie et la mécanique transforment le pays. De grandes dynasties industrielles émergent ; l'acier, les machines et l'équipement ferroviaire tirent la croissance.

Début du XXᵉ siècle

L'électricité, la chimie et l'automobile ouvrent la deuxième révolution industrielle. La production de masse et le travail à la chaîne s'imposent ; naissent des marques appelées à devenir mondiales.

1945 – 1975 : les Trente Glorieuses

Reconstruction, planification, plein emploi industriel : l'appareil productif se modernise à marche forcée. L'industrie atteint son apogée en part de l'emploi et structure durablement les territoires.

1975 – 2000

Chocs pétroliers, ouverture des échanges, automatisation et tertiarisation : la part de l'industrie recule. Des bassins historiques connaissent des reconversions douloureuses ; d'autres montent en gamme.

2000 – 2015

La mondialisation s'accélère. Certaines productions se délocalisent ; l'industrie française se recentre sur la valeur ajoutée, l'ingénierie, le luxe, l'aéronautique, la pharmacie et l'agroalimentaire premium.

Depuis 2015

Numérisation des ateliers, prise de conscience écologique et, après les crises, volonté de réindustrialiser. L'industrie se réinvente : plus connectée, plus verte, plus soucieuse de souveraineté.

Ce fil historique éclaire le présent. Les savoir-faire d'aujourd'hui plongent leurs racines dans ces héritages ; les territoires industriels contemporains prolongent souvent des spécialisations anciennes ; et les défis actuels (décarbonation, numérique, souveraineté) constituent, en un sens, une nouvelle révolution industrielle en cours d'écriture.

15 Innovation, recherche et propriété industrielle

Si l'industrie tire la compétitivité du pays, c'est en grande partie parce qu'elle est le lieu privilégié de l'innovation. Concevoir un nouveau produit, améliorer un procédé, réduire un coût, augmenter la fiabilité : l'entreprise industrielle est en recherche permanente. Cette innovation prend des formes multiples, de la grande découverte brevetée à l'amélioration incrémentale née de l'expérience des opérateurs sur la ligne.

La recherche et développement industrielle mobilise des ingénieurs, des techniciens, des laboratoires, mais aussi un écosystème riche : centres techniques, pôles de compétitivité, universités et écoles, instituts de recherche appliquée. Les collaborations entre grands groupes, PME et laboratoires publics irriguent tout le tissu et permettent à des entreprises de taille modeste d'accéder à des technologies de pointe. La propriété industrielle (brevets, marques, dessins et modèles) protège ces efforts et transforme l'invention en avantage économique durable.

L'innovation ne se limite pas au produit : elle concerne tout autant les procédés (comment produire mieux, plus vite, plus proprement) et les modèles d'affaires (vendre un usage plutôt qu'un bien, associer un service à un produit, personnaliser à grande échelle). C'est cette capacité d'adaptation continue qui distingue les entreprises industrielles résilientes de celles qui déclinent. Dans un monde où les technologies évoluent vite, l'immobilisme est le principal danger.

Rendre visibles les entreprises innovantes, décrire leurs spécialités et leurs savoir-faire, c'est aussi favoriser les rencontres qui font naître les projets : un bureau d'études qui découvre un atelier capable de réaliser une pièce complexe, un industriel qui identifie un partenaire pour co-développer un produit, un chercheur qui trouve une entreprise prête à industrialiser ses travaux. La visibilité est le premier pas de la collaboration.

16 Exporter : l'industrie et le monde

L'industrie est, de très loin, le premier pourvoyeur d'exportations de biens de la France. Aéronautique, produits pharmaceutiques, cosmétiques et parfums, vins et spiritueux, machines et équipements, produits chimiques, agroalimentaire de qualité : ces filières portent la présence économique française à l'international et contribuent à l'équilibre de la balance commerciale. Exporter, pour une entreprise industrielle, c'est accéder à des marchés bien plus vastes que le marché intérieur, amortir ses investissements sur de plus grands volumes et se confronter à la concurrence mondiale, ce qui pousse à l'excellence.

Mais l'export ne s'improvise pas. Il suppose une capacité de production suffisante, une qualité irréprochable, une maîtrise des normes des pays de destination, une logistique fiable et, souvent, un accompagnement dans la durée. Beaucoup de PME industrielles disposent de produits parfaitement exportables sans franchir le pas, faute de ressources ou de visibilité. Les dispositifs d'appui à l'international, les réseaux de partenaires et les salons professionnels jouent ici un rôle clé pour lever ces obstacles.

La compétitivité à l'export d'une nation ne repose pas seulement sur ses champions : elle dépend de la profondeur et de la qualité de son tissu de fournisseurs. Un grand exportateur n'est performant que si, derrière lui, une multitude de sous-traitants compétents lui permettent de tenir ses délais, ses coûts et sa qualité. C'est encore une fois la densité du tissu industriel, dans toute sa diversité de tailles et de métiers, qui fait la force d'un pays sur les marchés mondiaux.

17 L'industrie, moteur des territoires

Il faut se rendre dans les territoires pour mesurer ce que représente vraiment une entreprise industrielle. Dans une ville moyenne ou une zone rurale, une usine n'est pas qu'un employeur : c'est un pôle autour duquel s'organise une partie de la vie locale. Elle fait vivre des familles, alimente le commerce de proximité, remplit les écoles, finance indirectement les services publics par la fiscalité locale, et suscite l'installation de fournisseurs et de prestataires. La fermeture d'un site industriel, à l'inverse, provoque un effet domino qui dépasse largement les emplois directs supprimés.

Cette imbrication entre industrie et territoire explique l'attachement des collectivités à leur tissu productif et les politiques d'accompagnement mises en place : zones d'activité, foncier disponible, formations adaptées aux besoins locaux, accompagnement des entreprises en développement. Elle explique aussi pourquoi la logique de proximité est si importante dans les relations industrielles : un donneur d'ordre a tout intérêt à disposer, près de lui, de sous-traitants réactifs ; une entreprise a tout intérêt à recruter dans son bassin ; un territoire a tout intérêt à retenir ses compétences.

Les territoires industriels ne sont pas figés. Certains, marqués par des reconversions passées, se réinventent autour de nouvelles filières : énergies renouvelables, recyclage, industries de la santé, agroalimentaire de qualité. D'autres consolident des spécialisations anciennes en montant en gamme. Cette dynamique territoriale, faite de résilience et de réinvention, est au cœur de la vitalité industrielle française. En reliant chaque entreprise à son département et à sa région, cet annuaire cherche précisément à rendre lisible cette dimension géographique, souvent la première question d'un utilisateur : quelles entreprises de tel métier près de chez moi ?

18 Panorama des métiers industriels

L'industrie, ce sont d'abord des métiers. En parcourir la diversité, c'est déjà combattre les clichés. Loin de se réduire au travail à la chaîne, les métiers industriels couvrent toute la chaîne de conception, de production et de maintenance, avec des niveaux de qualification très variés et de réelles perspectives d'évolution.

Production & conduite de ligne

Opérateurs, régleurs, conducteurs de ligne et d'installations pilotent la fabrication, surveillent la qualité et assurent la cadence.

Usinage & enlèvement de matière

Tourneurs, fraiseurs, opérateurs sur commande numérique façonnent des pièces au centième de millimètre.

Chaudronnerie & soudure

Chaudronniers, soudeurs, tuyauteurs mettent en forme et assemblent le métal pour la structure, l'énergie et le transport.

Maintenance & fiabilité

Techniciens de maintenance, électromécaniciens, automaticiens gardent l'outil de production disponible et performant.

Qualité, méthodes & industrialisation

Qualiticiens, techniciens méthodes, responsables industrialisation traduisent une conception en production fiable et reproductible.

Ingénierie & R&D

Ingénieurs produit, procédé, matériaux conçoivent, calculent, testent et améliorent produits et procédés.

Logistique & supply chain

Approvisionnements, ordonnancement, gestion des flux : orchestrer la matière et les délais d'un bout à l'autre.

Encadrement d'atelier

Chefs d'équipe, responsables de production animent les équipes et pilotent la performance au quotidien.

Ces métiers ont en commun d'être concrets : on y voit le résultat de son travail, on résout des problèmes réels, on fait fonctionner des objets. Ils offrent souvent des parcours ascendants : un opérateur peut devenir régleur, puis chef d'équipe, puis responsable d'atelier ; un technicien peut se spécialiser ou évoluer vers l'ingénierie. Beaucoup sont accessibles par l'apprentissage et la formation continue, ce qui en fait des voies d'insertion et de promotion sociale précieuses. Valoriser ces métiers, montrer les entreprises qui les portent, c'est contribuer à les rendre désirables auprès des jeunes générations.

19 Matières, procédés et gestes techniques

Pour comprendre l'industrie, il faut aussi entrer dans la matière. Chaque produit résulte de l'application de procédés à des matériaux, selon des gestes techniques précis. Le métal se coule, se forge, se lamine, s'usine, se découpe, se soude, se traite en surface. Le plastique s'injecte, s'extrude, se thermoforme. Le bois se scie, se raboté, s'assemble, se colle. Les produits chimiques se synthétisent, se mélangent, se formulent. L'agroalimentaire cuit, fermente, sèche, conditionne. Derrière chaque secteur se cache ainsi un répertoire de savoir-faire, transmis, perfectionnés et parfois jalousement gardés.

Ces procédés déterminent l'organisation des ateliers, les compétences requises, les investissements nécessaires et les contraintes environnementales. Un atelier de traitement thermique, une fonderie, une ligne d'injection plastique, une salle blanche de microélectronique, une unité de fabrication de médicaments : autant d'univers techniques radicalement différents, avec leurs exigences propres de température, de propreté, de sécurité et de contrôle. La maîtrise de ces procédés est ce qui distingue une entreprise industrielle sérieuse ; c'est aussi ce qui rend chaque fiche de l'annuaire porteuse d'une information précieuse, au-delà du simple nom : le code d'activité renseigne, en creux, sur les procédés mis en œuvre.

La montée des exigences de qualité, de traçabilité et d'empreinte environnementale transforme progressivement ces gestes techniques. On mesure, on enregistre, on optimise ; on cherche à consommer moins de matière et d'énergie, à produire moins de déchets, à recycler davantage. Le geste ancestral du fondeur ou du soudeur se double désormais d'un pilotage numérique et d'une conscience écologique. C'est cette alliance du savoir-faire et de la modernité qui dessine le visage de l'industrie contemporaine.

20 Idées reçues sur l'industrie

L'industrie souffre d'une image datée, entretenue par des représentations qui ne correspondent plus à la réalité. Prendre le temps de déconstruire ces idées reçues, c'est mieux comprendre ce qu'est une entreprise industrielle aujourd'hui.

« L'industrie, c'est le passé. » Faux. L'industrie est au cœur des grandes transitions du moment : elle fabrique les technologies de la décarbonation, développe les batteries et les énergies renouvelables, produit les médicaments et les dispositifs médicaux, invente les matériaux de demain. Loin d'appartenir au passé, elle est un des principaux terrains d'innovation du présent.

« Les usines sont sales et dangereuses. » Faux dans l'immense majorité des cas. L'usine moderne est un environnement propre, éclairé, climatisé pour certaines productions, où la sécurité est une obsession quotidienne et où de nombreuses tâches pénibles ont été automatisées. Les réglementations environnementales et de sécurité du travail y sont parmi les plus strictes de l'économie.

« L'industrie n'embauche plus. » Faux. Non seulement l'industrie recrute, mais elle peine souvent à trouver les profils dont elle a besoin. Des milliers de postes techniques restent non pourvus faute de candidats, alors même que ces métiers offrent stabilité, rémunération correcte et perspectives d'évolution.

« Il n'y a plus d'industrie en France. » Faux. La France reste une grande nation industrielle, avec des positions fortes dans l'aéronautique, la pharmacie, l'agroalimentaire, le luxe, la chimie, l'énergie et de nombreuses spécialités mécaniques. Des centaines de milliers d'entreprises industrielles y sont bien vivantes, réparties sur tout le territoire. Cet annuaire existe précisément pour en témoigner, entreprise après entreprise.

21 Pourquoi et comment utiliser cet annuaire

Un annuaire industriel n'est pas un simple répertoire de noms : c'est un outil de mise en relation, de découverte et de compréhension. Ses usages sont multiples, et vous vous reconnaîtrez sans doute dans l'un d'eux.

Pour un acheteur ou un donneur d'ordre

Vous cherchez un fournisseur, un sous-traitant, un prestataire pour une opération précise, de préférence proche de vous ? L'annuaire vous permet de partir d'un secteur d'activité (un métier) et de le croiser avec un territoire (un département), pour identifier des entreprises candidates. C'est un point de départ pour constituer un panel de fournisseurs, diversifier vos sources ou trouver une alternative locale.

Pour une entreprise industrielle

Vous dirigez ou représentez une entreprise industrielle ? Être présent dans un annuaire structuré, c'est gagner en visibilité auprès de clients potentiels, de partenaires, de candidats à l'embauche. Beaucoup d'entreprises, notamment les plus petites, n'ont pas de site web ou sont mal référencées ; une fiche claire, reliée à leur secteur et à leur territoire, comble ce manque. Vous pouvez d'ailleurs demander l'ajout ou la mise à jour de votre fiche.

Pour un candidat, un étudiant, un curieux

Vous cherchez du travail, un stage, une alternance, ou vous souhaitez simplement découvrir le tissu économique de votre région ? Explorer l'annuaire par département, c'est découvrir la richesse insoupçonnée des entreprises qui vous entourent, comprendre les métiers qui s'y exercent et repérer des employeurs potentiels.

Deux portes d'entrée : le secteur et le territoire

L'annuaire s'explore de deux manières complémentaires. Par secteur d'abord : chaque grande branche de l'industrie dispose de sa page, qui liste les entreprises correspondantes. Par département ensuite : chaque territoire a la sienne, qui rassemble les entreprises qui y sont implantées. En combinant les deux, vous répondez à la question la plus fréquente : quelles entreprises de tel métier dans tel territoire ? Chaque fiche d'entreprise réunit son identité, sa localisation, son activité et, lorsqu'elles sont disponibles, des informations complémentaires, à partir des données publiques officielles.

22 Des données publiques, fiables et transparentes

La valeur d'un annuaire tient à la fiabilité de ses données. Celui-ci s'appuie sur les données publiques ouvertes issues du répertoire officiel des entreprises, tenu par l'INSEE : la base SIRENE. Cette source recense l'ensemble des entreprises et de leurs établissements, avec leur identifiant unique, leur dénomination, leur adresse, leur activité principale (le code NAF) et leur tranche d'effectif. Elle constitue la référence incontestable sur l'existence et l'activité déclarée d'une entreprise.

Le champ de l'annuaire est délimité par les codes d'activité correspondant à l'industrie (les sections B, C, D et E de la nomenclature). Chaque entreprise est ainsi rattachée à son secteur et à son territoire de manière rigoureuse et vérifiable. Les données sont mises à jour à partir des millésimes publiés, afin de refléter au mieux la réalité changeante du tissu économique : créations, cessations, changements d'adresse ou d'activité.

Cette transparence a un corollaire : le respect des personnes. Les informations diffusées sont celles que la loi rend publiques ; les unités qui ont demandé la non-diffusion de leurs données ne figurent pas dans l'annuaire, et toute personne concernée peut demander la rectification ou le retrait des informations la concernant. L'objectif n'est pas de surveiller mais de rendre visible et de relier, au service de l'économie réelle et des territoires.

23 Questions fréquentes

Qu'est-ce qui définit une « entreprise industrielle » ?

Une entreprise dont l'activité principale relève de l'industrie au sens de la nomenclature NAF : industries extractives (section B), industrie manufacturière (section C), production et distribution d'énergie (section D), eau, assainissement et gestion des déchets (section E). Le critère est le code d'activité principale (code NAF/APE) attribué à chaque entreprise.

Combien y a-t-il d'entreprises industrielles en France ?

De l'ordre de plusieurs centaines de milliers, selon le périmètre retenu (industrie manufacturière stricte ou industrie au sens large). L'immense majorité sont des TPE et des PME ; les grandes entreprises, très visibles, sont numériquement rares mais concentrent une part importante de l'emploi.

Comment trouver une entreprise dans l'annuaire ?

Deux chemins complémentaires : par secteur d'activité (chaque branche industrielle a sa page) et par département (chaque territoire a la sienne). En combinant les deux, vous identifiez rapidement les entreprises d'un métier donné dans une zone géographique donnée.

D'où proviennent les données ?

Des données publiques ouvertes de l'INSEE (base SIRENE), qui constituent la référence officielle sur l'identité, la localisation et l'activité des entreprises. Elles sont mises à jour à partir des millésimes publiés.

Mon entreprise n'apparaît pas ou sa fiche est incomplète, que faire ?

Vous pouvez demander l'ajout de votre entreprise ou la correction de sa fiche via le formulaire de référencement. Toute demande est vérifiée avant publication, dans le respect du droit de rectification prévu par la réglementation sur les données personnelles.

Pourquoi certaines fiches ont-elles peu d'informations ?

Les données publiques renseignent l'identité, l'adresse et l'activité, mais pas toujours le site web, le téléphone ou l'e-mail. Ces informations complémentaires proviennent d'un enrichissement progressif ou des demandes des entreprises elles-mêmes.

24 Les filières stratégiques

Toutes les activités industrielles ne se valent pas au regard de la souveraineté. Certaines filières sont jugées stratégiques parce qu'elles conditionnent la santé, la sécurité, l'énergie ou l'autonomie technologique du pays. Les crises récentes ont mis en lumière l'importance de maîtriser, sur le sol national ou à proximité, certaines productions critiques.

La santé figure au premier rang. Produire des médicaments, des principes actifs, des dispositifs médicaux et des équipements hospitaliers est une exigence de souveraineté sanitaire, comme l'ont rappelé les tensions d'approvisionnement observées lors des épisodes de crise. La relocalisation de certaines productions pharmaceutiques et la sécurisation des chaînes d'approvisionnement sont devenues des priorités partagées.

L'énergie constitue un autre pilier stratégique : fabrication d'équipements pour la production d'électricité, de composants pour les réseaux, de batteries, d'électrolyseurs, de matériels pour les énergies renouvelables et le nucléaire. À l'heure de la transition et de la recherche d'indépendance énergétique, l'industrie qui équipe le système énergétique devient un enjeu de premier plan.

L'électronique et les semi-conducteurs, omniprésents dans tous les produits modernes, représentent une dépendance critique dont chacun a pris conscience lors des pénuries de composants. Reconstituer des capacités en microélectronique et en composants électroniques est un chantier de long terme, coûteux mais déterminant. Il en va de même pour certains matériaux avancés et métaux critiques, indispensables aux technologies de pointe. Dans toutes ces filières, la profondeur du tissu de sous-traitants et la préservation des compétences sont aussi importantes que les grands investissements de tête.

25 Se former aux métiers de l'industrie

Il n'y a pas d'industrie sans compétences, et il n'y a pas de compétences sans formation. La chaîne de formation aux métiers industriels est riche et diversifiée : lycées professionnels et techniques, centres de formation d'apprentis, écoles d'ingenieurs, formations universitaires, mais aussi formation continue tout au long de la vie et dispositifs de reconversion. L'apprentissage et l'alternance occupent une place particulière, car ils permettent d'apprendre un métier au contact direct de l'entreprise, en produisant réellement, tout en obtenant un diplôme.

Ce lien étroit entre l'école et l'entreprise est une force du modèle industriel. Une entreprise qui accueille des apprentis forme ses futurs salariés à ses procédés et à sa culture ; un jeune qui se forme en alternance acquiert une expérience concrète et un réseau. Les partenariats entre établissements de formation et industriels locaux sont ainsi un rouage essentiel de la vitalité d'un bassin : ils garantissent le renouvellement des compétences et l'adaptation des formations aux besoins réels.

Le grand défi reste celui de l'attractivité. Trop de jeunes ignorent l'existence, la variété et l'intérêt des métiers industriels, souvent faute de les avoir vus de près. Faire connaître les entreprises, ouvrir les portes des ateliers, montrer les parcours possibles : autant de leviers pour susciter des vocations. Un annuaire qui rend visibles les entreprises industrielles d'un territoire participe modestement à cet effort, en donnant à voir la réalité concrète du monde productif à ceux qui s'orientent.

26 Vers une industrie responsable

L'industrie du XXIᵉ siècle ne peut plus se penser hors de sa responsabilité sociale et environnementale. Les attentes des clients, des salariés, des riverains et des pouvoirs publics convergent vers une exigence : produire en respectant l'environnement, les personnes et les territoires. Cette responsabilité n'est pas un habillage : elle devient un critère de compétitivité et de pérennité.

Sur le plan environnemental, cela signifie réduire les consommations d'énergie et d'eau, limiter les émissions et les déchets, éco-concevoir les produits, s'inscrire dans une logique d'économie circulaire. Sur le plan social, cela suppose des conditions de travail sûres et respectueuses, une attention à la santé et à la prévention des risques, une politique de formation et d'évolution, un dialogue de qualité. Sur le plan territorial, cela passe par l'ancrage local, le recours à des fournisseurs de proximité, la contribution à la vie du bassin.

Les entreprises qui embrassent cette responsabilité y trouvent des bénéfices concrets : elles attirent et fidélisent plus facilement les talents, elles répondent aux exigences croissantes des donneurs d'ordre et des marchés publics, elles réduisent leurs coûts en économisant les ressources, et elles sécurisent leur acceptabilité auprès des riverains et des collectivités. La performance économique et la responsabilité, longtemps opposées, apparaissent de plus en plus comme les deux faces d'une même stratégie de long terme.

27 La chaîne de valeur, de la matière au produit

Aucune usine ne fonctionne seule. Chaque produit fini est l'aboutissement d'une chaîne de valeur qui part de la matière première et traverse une succession d'entreprises, chacune ajoutant sa part de transformation, de savoir-faire et de valeur. Comprendre cette chaîne, c'est comprendre pourquoi la densité et la diversité du tissu industriel comptent autant : il suffit d'un maillon manquant pour fragiliser toute une filière.

Au commencement, il y a l'amont : extraction ou importation des matières premières, première transformation, production de matériaux de base (métaux, plastiques, papier, verre, produits chimiques). Vient ensuite la transformation intermédiaire : des entreprises façonnent ces matériaux en composants, pièces, sous-ensembles. C'est le domaine de la sous-traitance de spécialité, où excellent des milliers de PME françaises. Puis l'assemblage et l'intégration réunissent ces composants en produits complets, chez les donneurs d'ordre et les fabricants de biens d'équipement ou de consommation. Enfin, l'aval assure la distribution, l'installation, la maintenance et, de plus en plus, le recyclage en fin de vie.

1 · Amont — extraction, matières premières, matériaux de base (métallurgie, chimie, papeterie, verrerie).
2 · Composants — usinage, découpe, moulage, traitement de surface : la sous-traitance de spécialité.
3 · Assemblage — intégration des sous-ensembles en produits finis chez les donneurs d'ordre.
4 · Aval — distribution, installation, maintenance, réparation, puis recyclage et réemploi.

La force d'un territoire industriel tient à sa capacité à réunir, sur une distance raisonnable, tous les maillons de cette chaîne. C'est ce que l'on appelle parfois un écosystème ou un cluster : la proximité géographique facilite les échanges, réduit les délais, permet la co-conception et fait circuler les savoir-faire. À l'inverse, la disparition d'un maillon (une fonderie, un traiteur de surface, un fabricant de composants) peut contraindre les autres à s'approvisionner au loin, avec des délais accrus et une dépendance nouvelle. Cartographier les entreprises par secteur et par territoire, comme le fait cet annuaire, aide précisément à visualiser ces chaînes et à repérer les compétences disponibles à proximité.

28 Les femmes et les hommes de l'industrie

Derrière les machines, il y a des personnes. L'industrie, c'est d'abord une communauté de métiers et de compétences incarnés par des femmes et des hommes : opérateurs et opératrices de production, techniciens et techniciennes de maintenance, régleurs, soudeurs, usineurs, qualiticiens, dessinateurs industriels, ingénieurs méthodes, responsables d'atelier, logisticiens. Cette diversité de fonctions dessine des parcours variés, où l'on peut progresser de l'opération à l'encadrement, de la production à la conception, en se formant tout au long de sa carrière.

L'industrie a longtemps souffert d'une image masculine et pénible, héritée de l'ère des grandes usines. La réalité contemporaine est différente : l'automatisation a réduit la pénibilité physique de nombreux postes, l'environnement de travail s'est transformé, et les enjeux de mixité et de diversité sont désormais pris au sérieux. Féminiser les métiers industriels, y ouvrir des parcours à des profils variés, valoriser les compétences plutôt que les stéréotypes : autant de chantiers qui conditionnent la capacité de l'industrie à recruter dans un contexte de tension sur les compétences.

Fabrication

Opérateurs, conducteurs de ligne, régleurs : le cœur battant de l'atelier, garants de la production quotidienne.

Maintenance

Techniciens qui préviennent et réparent les pannes, de plus en plus outillés par le numérique et la donnée.

Conception & méthodes

Dessinateurs, ingénieurs, techniciens méthodes : ils imaginent les produits et optimisent les procédés.

Qualité & support

Contrôle, logistique, achats, encadrement : les fonctions qui font tenir l'ensemble et satisfont le client.

Le grand enjeu des prochaines années sera celui du renouvellement des compétences. De nombreux savoir-faire, patiemment accumulés, risquent de se perdre avec les départs en retraite s'ils ne sont pas transmis. La formation, l'apprentissage, la valorisation des métiers et l'attractivité des entreprises seront décisifs pour que l'industrie française conserve et renouvelle son capital humain, sans lequel aucun investissement, aussi moderne soit-il, ne porte ses fruits.

29 L'industrie en chiffres : synthèse

Au terme de ce panorama, il est utile de rassembler quelques repères. Les valeurs qui suivent sont des ordres de grandeur destinés à fixer les idées, non des mesures exactes : le périmètre de l'industrie, les millésimes et les sources conduisent à des chiffres variables. Ils dessinent néanmoins un portrait cohérent d'un secteur à la fois discret et déterminant.

0sections NAF composant le champ industriel (B, C, D, E)
0divisions d'activité couvertes par l'annuaire
0départements où l'industrie est présente
0divisions dans la seule industrie manufacturière (section C)
Quelques repères sur l'industrie française
Niveaux relatifs indicatifs, pour fixer les idées (échelle 0 à 100 %)
Part dans la valeur ajoutée nationale0 %
Part dans l'emploi salarié0 %
Part dans la R&D privée0 %
Part dans les exportations de biens0 %
Part de TPE et PME dans le tissu industriel0 %

Valeurs illustratives destinées à la pédagogie ; à recouper avec les publications officielles de l'INSEE et des services statistiques ministériels.

Ce que ces repères racontent est simple : l'industrie ne se juge pas au seul nombre d'emplois qu'elle occupe, mais à son effet de levier sur l'innovation, le commerce extérieur et les territoires. Un tissu dominé par les petites et moyennes entreprises, réparti sur l'ensemble du pays, portant l'essentiel de la recherche privée et des exportations : voilà le visage réel de l'industrie française, que cet annuaire s'efforce de rendre visible entreprise par entreprise.

30 Logistique et flux : la circulation de la valeur

Une usine ne vaut que par sa capacité à recevoir ce dont elle a besoin et à livrer ce qu'elle produit. La logistique est le système circulatoire de l'industrie : approvisionnement en matières et composants, gestion des stocks, ordonnancement de la production, expédition des produits finis. Longtemps considérée comme une fonction subalterne, elle est devenue un facteur de compétitivité de premier plan, à mesure que les chaînes se sont allongées et complexifiées à l'échelle mondiale.

Le modèle du flux tendu, qui vise à réduire les stocks au strict nécessaire pour limiter les coûts, a montré son efficacité mais aussi sa fragilité. Les ruptures d'approvisionnement récentes ont rappelé qu'une chaîne trop tendue, trop dépendante d'un fournisseur ou d'une route unique, peut se gripper à la moindre secousse. D'où un rééquilibrage en cours : constitution de stocks de sécurité sur les composants critiques, diversification des sources, recherche de fournisseurs de proximité, relocalisation de certaines productions sensibles. La résilience devient un critère aussi important que le coût.

Cette évolution profite au tissu industriel national. Un donneur d'ordre qui cherche à sécuriser ses approvisionnements a tout intérêt à connaître les fournisseurs capables de produire près de chez lui, quitte à payer un peu plus cher pour gagner en fiabilité, en réactivité et en dialogue technique. C'est l'un des usages concrets d'un annuaire industriel : permettre à un acheteur de découvrir, dans un secteur et un territoire donnés, des entreprises susceptibles de devenir des fournisseurs de proximité, et ainsi de raccourcir et de sécuriser sa chaîne d'approvisionnement.

La logistique interne compte tout autant. Organiser les flux dans l'atelier, réduire les déplacements inutiles, synchroniser les postes, fiabiliser les délais : ce sont les principes de l'excellence opérationnelle, souvent inspirés des méthodes d'amélioration continue. Une entreprise qui maîtrise ses flux livre à l'heure, immobilise moins de trésorerie et satisfait mieux ses clients. Derrière la technologie et les machines, cette organisation fine des flux est un savoir-faire discret mais décisif, qui distingue souvent les entreprises industrielles les plus performantes.

31 L'usine dans la cité : sécurité et voisinage

L'industrie ne se déploie pas dans le vide : elle s'inscrit dans des territoires habités, à proximité de logements, d'écoles, de zones naturelles. Cette cohabitation, source d'emplois et de richesse, suppose une vigilance constante sur la sécurité et sur les nuisances. Les sites qui présentent des risques particuliers sont soumis à des réglementations strictes, avec des autorisations d'exploiter, des études de dangers, des contrôles et, pour les plus sensibles, des plans de prévention et d'intervention.

La sécurité des salariés constitue la première exigence : prévention des accidents, protection contre les substances dangereuses, formation aux gestes sûrs, maintenance des équipements. La culture de la sécurité, portée par l'encadrement et partagée par tous, distingue les entreprises industrielles matures. Vient ensuite la maîtrise des impacts sur l'environnement et le voisinage : rejets, bruit, odeurs, trafic. Réduire ces nuisances n'est pas seulement une obligation réglementaire, c'est la condition de l'acceptabilité sociale de l'usine, sans laquelle son maintien et son développement deviennent difficiles.

Cette relation entre l'usine et son territoire a beaucoup évolué. Les entreprises les plus avancées ne se contentent plus de respecter les seuils : elles dialoguent avec les riverains, ouvrent leurs portes, expliquent leurs procédés, contribuent à la vie locale. Cette transparence bâtit la confiance et transforme l'usine, longtemps perçue comme une menace, en un acteur reconnu du territoire, pourvoyeur d'emplois, de formation et de dynamisme. Rendre visibles les entreprises industrielles, montrer ce qu'elles font et où elles sont, participe modestement à cette réconciliation entre l'industrie et la société.

La transition écologique renforce encore cette dimension. Une industrie sobre en énergie, économe en eau, réduisant ses déchets et ses émissions, valorisant ses coproduits, s'intègre plus harmonieusement dans son environnement. Loin d'opposer production et protection, les démarches d'écologie industrielle cherchent à faire de la proximité une ressource : les déchets des uns deviennent les matières premières des autres, la chaleur perdue chauffe des bâtiments voisins, l'eau se recycle. C'est une manière de réinventer l'usine dans la cité, au bénéfice de tous.

32 Regards sur l'avenir

Où va l'industrie française ? Nul ne peut le dire avec certitude, mais les grandes tendances se dessinent. L'industrie de demain sera plus numérique, avec des ateliers connectés, des données exploitées et des outils d'aide à la décision de plus en plus puissants. Elle sera plus verte, contrainte et stimulée par l'impératif climatique, inventant des procédés sobres et des produits circulaires. Elle sera sans doute plus relocalisée sur les productions stratégiques, dans une recherche d'équilibre entre ouverture aux échanges et maîtrise des dépendances critiques.

Cette industrie renouvelée aura plus que jamais besoin de compétences et de coopération. Les technologies ne suffisent pas : ce sont les femmes et les hommes qui les mettent en œuvre, et ce sont les réseaux d'entreprises qui font la force d'une filière. La densité, la diversité et la proximité du tissu industriel resteront des atouts décisifs, dans un monde où la capacité à produire redevient un enjeu de puissance et de résilience.

C'est dans cet esprit que cet annuaire a été conçu : non comme une simple liste, mais comme une contribution à la connaissance et à la mise en relation du tissu industriel français. En rendant visibles, secteur par secteur et territoire par territoire, les milliers d'entreprises qui produisent, transforment et innovent, il entend servir tous ceux qui cherchent, achètent, recrutent, investissent ou souhaitent simplement comprendre. L'industrie est partout autour de nous, souvent sans qu'on la voie ; il ne tient qu'à nous de la regarder.

Regarder l'industrie, c'est aussi changer de récit. Pendant des décennies, le discours dominant a présenté la désindustrialisation comme une fatalité, presque comme un progrès : une économie moderne serait une économie de services, débarrassée de ses usines. Les crises successives ont fissuré cette certitude. On a redécouvert qu'un pays incapable de produire ses médicaments, ses composants ou son énergie perd une part de sa liberté, et qu'un territoire privé de ses ateliers perd une part de sa cohésion. La réindustrialisation n'est plus un slogan nostalgique : elle est redevenue un projet d'avenir, porté par des attentes de souveraineté, d'emploi et de transition écologique.

Ce projet ne se décrète pas d'en haut : il se construit entreprise par entreprise, compétence par compétence, territoire par territoire. Il repose sur des dirigeants qui investissent, des salariés qui se forment, des collectivités qui accueillent, des clients qui font confiance à des fournisseurs proches. Chaque fiche de cet annuaire représente l'un de ces maillons : une entreprise réelle, avec ses savoir-faire, son adresse, ses emplois. Mises bout à bout, elles dessinent la carte vivante d'une industrie française plurielle, enracinée et tournée vers demain. Explorez-la par secteur, par département, ou au gré de vos besoins : vous y trouverez, nous l'espérons, autant d'occasions de découvrir, de comprendre et de créer des liens utiles.

En un mot : l'industrie française est un tissu vivant de plusieurs centaines de milliers d'entreprises, majoritairement des PME, réparties sur tout le territoire et organisées en filières interdépendantes. Elle porte l'innovation, les exportations et l'emploi qualifié bien au-delà de son poids apparent dans le PIB. Cet annuaire vous en donne les clés d'accès : parcourez-le par secteur pour comprendre les métiers, par département pour explorer votre territoire, et fiche par fiche pour rencontrer les acteurs qui font, chaque jour, l'industrie de demain.